Littérature anglaise,  Roman

Une saga familiale émouvante dans un cadre féerique

Mon avis :

Comment ne pas être attirée par cette couverture ? Une vieille maison, la mer, les fleurs, les douces couleurs du soleil couchant. Je retourne le livre et bingo ! Un roman qui se passe en Angleterre et qui raconte une saga familiale. Il ne m’en fallait pas plus pour rentrer avec ce roman sous le bras et lâcher toutes mes lectures en cours.

Quand la vie semble s’effondrer autour de nous, c’est un réflexe de chercher un refuge. Pour certains c’est les bras d’un parent, une maison d’enfance et pour d’autres, comme Lucy, c’est les deux. Après une faute professionnelle qui aurait pu être d’une gravité extrême et la découverte de la liaison de son mari, s’en est trop pour elle. Elle étouffe à Londres, elle a besoin de prendre du recul, de s’évader de cette vie oppressante. Quel autre endroit que la ferme familiale, ses souvenirs d’enfants, sa famille, pour reprendre un peu ses esprits et reconstruire sa vie ? Elle y retrouve son frère chargé de reprendre l’exploitation agricole depuis la mort de son père, sa mère toujours affectée par la perte brutale de son mari et sa grand-mère maternelle, Maggie, le roc de la famille, si forte et si mystérieuse à la fois.

Le retour de Lucy dans ce lieu si emprunt de nostalgie va prendre une tournure à laquelle elle ne s’attendait pas. Sous forme d’allers-retours entre présent et passé, nous découvrons cette famille et surtout les caractères féminins forts depuis plusieurs générations qui ont fait de cette ferme une exploitation agricole familiale. On découvre comment la Seconde Guerre mondiale a rythmée la vie des habitants de Cornouailles. Loin des principaux bombardements, ils ont été le théâtre d’une guerre lointaine mais de blessures profondes. C’est dans cette période troublée que Maggie grandi. Sa mère faisant preuve de peu d’affection, très dure dans son éducation, décide de la sortir de la ferme et d’en faire une institutrice. Mais ses projets seront perturbés par les premiers élans amoureux de Maggie. Un amour qui façonnera à jamais toute la vie de Maggie.

Lucy quant à elle s’interroge beaucoup sur sa vie, sur ce qu’elle va en faire. Est-elle toujours amoureuse de son mari ? Peut-elle encore sauver son mariage ? Et que penser de cette carrière professionnelle qui s’effondre ? En trouvant refuge dans cette vieille maison, c’est son héritage qui se révèle à elle, le poids de la continuité, le respect de la mémoire de son père et de ses ancêtres. Les tendres échanges qu’elle aura avec sa grand-mère qu’elle admire tant vont changer sa vie à elle aussi.

Sarah Vaughan nous livre un très beau récit familial. Tout y est. La transmission des valeurs et du patrimoine, les secrets, l’amour, les paroles sacrées et réconfortantes d’une grand-mère à sa petite-fille. Et tout ça dans des paysages superbes. Elle sait nous décrire l’état de l’océan calme ou sous l’orage avec de tels détails, on découvre la lande de Cornouailles peinte sous nos yeux, c’est plein de couleurs et de parfums. C’est vraiment très bien écrit et quand on ferme le livre une dernière fois, une nostalgie s’empare de nous. On est triste de quitter cette famille et leur magnifique ferme où on irait bien passer quelques jours.

 

Extraits :

Celle-ci a changé. Le soleil tape sur les touffes épaisses d’herbe et les rochers de granit arrondis qui affleurent. Sous ses rayons, les fougères vert pâle deviennent lumineuses, les branches noircies des genêts virent au gris. Le chant des alouettes emplit l’air, et le ciel est si limpide que lorsque Alice se gare au sommet de la lande, elle aperçoit la mer, qui scintille le long de la côte nord, au loin. Elle est au cœur de la péninsule, à son sommet – le point culminant de la Cornouailles, sinon tout à fait le bout du monde.

 

4e de couverture :

Cornouailles, 1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin.
Eté 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle va y découvrir.
Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?
Destinés prises dans les tourments de la Seconde Guerre mondiale, enfant disparu, paysages envoûtants, un roman vibrant, une sage inoubliable.

Edition : Le Livre de Poche

Pages : 477

Traduction : Alice Delarbre

L’auteur :

Après des études d’anglais à Oxford, Sarah Vaughan s’est consacrée au journalisme. Elle a travaillé pendant onze ans au Guardian avant de publier La Meilleure d’entre nous, son premier roman. Elle vit près de Cambridge avec son époux et leurs deux enfants.

Source : Editions Le Livre de Poche

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