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Nouvelle publication

Atelier d’écriture :

Musique et littérature  

Date :

Durée : 2h

Objectif de l’atelier : utiliser une chanson ou une musique qu’on aime pour raconter le souvenir auquel elle renvoie.  

Objectifs :

  • Se servir d’un autre art pour entrer dans l’écriture (ici la musique)
  • Se servir de ses émotions et de ses souvenirs pour écrire
  • Parler de soi sans utiliser le « je »

Public visé : groupe de 10 personnes maximum, adultes, clients de la librairie, qui aiment la littérature et l’écriture.

Déroulement de l’atelier :

Lors du précédent atelier, il aura été demandé aux participants de ramener une chanson ou une musique qu’ils aiment beaucoup ou qui leur évoque un souvenir.

  1. Accueil du groupe (10 minutes)

Les personnes prennent place autour de la table. On laisse quelques minutes aux gens pour se saluer, sortir ses affaires, s’installer confortablement.
S’agissant d’un groupe qui suit l’atelier, inutile de faire un tour de table de présentation.

  1. Lancement de l’atelier (5 minutes)

Le texte sur lequel  on va s’appuyer aujourd’hui est le roman de Nicolas Houguet, L’Albatros, paru chez Stock en 2019. Dans cette « autobiographie musicale, poétique et anticonformiste », il nous raconte sa vie, ses combats et ses sentiments à travers le souvenir du concert de Patti Smith de 2015. Chacune des chansons du set est l’occasion de nous parler de sa vie et de ses souvenirs.
C’est un texte très riche, très beau et très musical. Nous allons donc voir comment deux arts, la musique et la littérature peuvent faire renaître en nous des événements du passé.

  1. Ice breaker (20 minutes)

Lecture de l’extrait page 30 :

(…) Le temps qui passe est une belle chose. Il ne faut pas s’agripper comme des noyés aux secondes qui sombrent.
                Patti Smith a soixante-huit ans. Et n’a aucun mal à incarner celle qu’elle était à vingt-huit. Quand on est honnête, on garde en soi la trace des anciens temps. On maintient vivant nos fantômes chéris, qui viennent étoffer notre voix de leurs anciens murmures. La nostalgie ou la colère devant ce qui n’est plus et s’est évaporé, c’est pour les abrutis. La beauté reste en soi. Toujours. Tant qu’on a du souffle, elle existe dedans.

Soufflez et faites ressortir la beauté qui est en vous. Imaginez ce qui s’échappe de votre souffle en 3 lignes maximum. (10 minutes d’écriture et 10 minutes de lecture)

  1. Consigne d’écriture principale (10 minutes)

Lecture :

Lecture de l’extrait tiré des pages 35 et 36 sur la musique en fond :

                                                                                                     Gloria

La voix scande les premiers accords de « Gloria ».

« Jesus died for somebody’s sins but not mine ».

Ça commence doucement. Une transe, une caresse, une tempête annoncée dans une brise. La menace d’un vertige. Récolter les raisons de la colère et de la passion. La folie des étreintes, des révoltes et du désir. La beauté d’une femme qui se libère.

Ça commence à l’image de cette fin d’après-midi aux nuages sombres, il y a quelques années, lors de mon premier voyage aux Etats-Unis. On avait dédaigné les 4 x 4 poussiéreux dans lesquels les Navajos entassent les touristes pour leur montrer Monument Valley à vitesse grand V. Mon père au volent de la voiture de location roulait au pas, au pied de ces falaises aux allures de cathédrale. J’étais plongé dans la mythologie et dans les westerns de John Ford. Ça ressemblait à ma culture qui partait dans tous les sens. Moi qui ne suis souvent que spectateur des choses, j’avais la sensation étrange de faire partie du paysage. Le GPS était perdu et racontait n’importe quoi. J’ai fini par le couper. La journée s’avançait, de plus en plus étrange. Le silence d’épaississait. Le recueillement s’imposait doucement. On passait dans un autre monde, une autre dimension. On entendait presque le murmure des souvenirs lointains, des défunts. Le soir tombait. On fit un dernier arrêt juste avant de quitter les lieux. L’air était chargé d’électricité et d’une pluie dense qui allait laver nos traces dans le désert après notre départ. Le vent faisait un sifflement étrange. Ma mère déclara, la gorge serrée, qu’on ressentait l’esprit des disparus. J’étais débout sur mes béquilles. Je ne disais rien. J’avais les larmes aux yeux.

Consigne d’écriture :

Grâce à la musique que vous avez ramenée, racontez ce que vous ressentez à son écoute ou le souvenir auquel elle renvoie. Essayez de respecter dans votre écriture le rythme de la chanson que vous avez choisie.
Contrainte : ne pas utiliser le « je ».

  1. Le temps de l’écriture (30 minutes)

Ma posture pendant ce temps d’écriture :

  • Laisser les participants entrer en écriture
  • En cas de blocage :
    • Les questionner sur leur blocage et leur faire formuler ce qui les bloque pour qu’ils essaient de trouver la solution seul.
    • Les inciter à écrire comme ça vient, avec des phrases courtes et des mots simples.
    • Faire des suggestions si le problème persiste.
  • Passer lire ce qu’ils ont déjà écrit. Faire des suggestions de corrections, développements, précisions. Veiller à l’harmonie et à la progression du texte pour que l’ensemble soit cohérent.
  1. Lecture des textes et retours (40 minutes)
  • Lecture des textes à tour de rôle avec la musique en fond : au choix du participant, la musique peut être passée avant sa lecture.
  • Demander aux autres participants de faire leurs retours avant de faire les miens en rappelant les règles de bienveillance
  • Les retours attendus sur ce type de consigne :
    • Respect de la consigne, notamment de la contrainte
    • Cohérence du texte et progression claire du texte
    • Cohérence entre le texte et la musique, on comprend en quoi cette musique a produit ce texte
    • Émotion
  1. Conclusion de l’atelier (5 minutes)

Rapide tour de table pour connaître le ressenti des participants sur cet atelier.
Les remercier de leur attention et des productions.
Inviter au prochain atelier : date et sujet abordé.

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