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Nouvelle publication

Atelier d’écriture :

Littérature : passeur d’histoires et d’Histoire

Date : 21/03/2019

Durée : 2h

Objectif de l’atelier : On va voir quelle place peut avoir dans nos vies, celles du lecteur mais aussi de l’écrivain, la littérature, la fiction à travers le genre narratif qu’est le roman.
Les participants vont devoir romancer un fait divers, un fait historique ou une histoire qui leur est arrivée en rédigeant un texte comportant les caractéristiques principales du roman :

  • Une intrigue
  • Un ou des personnages
  • L’espace où se déroule l’intrigue
  • Un narrateur
  • Le temps

L’objectif est de montrer comment à travers une histoire fictive on peut transmettre une histoire réelle. Il faudra donc que les éléments imaginés par les participants ne travestissent pas la réalité des faits.

Public visé : groupe de 10 personnes maximum, adultes, clients de la librairie, qui aiment la littérature et l’écriture.

Déroulement de l’atelier :

  1. Accueil du groupe (10 minutes)

Les personnes prennent place autour de la table. On laisse quelques minutes aux gens pour se saluer, sortir ses affaires, s’installer confortablement.
S’agissant d’un groupe qui suit l’atelier, inutile de faire un tour de table de présentation.

  1. Lancement de l’atelier (5 minutes)

A travers le roman d’un auteur contemporain, Erwan Larher, et plus précisément son roman Le Livre que je ne voulais pas écrire (Editions Quidam Editeur, 2017), nous allons travailler comment à travers la littérature nous pouvons transmettre et raconter aux lecteurs des événements réels. Littérature passeur d’histoires et d’Histoire.

  1. Ice breaker (10 minutes)
  • 1ère consigne de l’atelier : trouver les mots qui correspondent aux définitions données è en collectif
  1. Dans un roman, ça peut être un retour arrière, une anticipation, une ellipse, un sommaire, une scène
  2. Succession de faits et d’actions qui forment la trame d’une pièce de théâtre ou d’un roman
  3. Première phrase d’un roman
  4. Succession de faits et d’actions qui forment la trame d’une pièce de théâtre ou d’un roman.
  5. Court texte placé en début d’un livre et dans lequel l’auteur adresse son livre à une ou plusieurs personnes
  6. Dernière phrase d’un roman
  7. Succession de faits et d’actions qui forment la trame d’une pièce de théâtre ou d’un roman.
  8. Citation que l’auteur place en début de son roman
  9. Cadre matériel dans lequel évoluent les personnages. Lieux qui permettent de situer une époque, un milieu social…
  10. Succession de faits et d’actions qui forment la trame d’une pièce de théâtre ou d’un roman.
  11. Homme ou femme de lettre à l’origine d’une œuvre littéraire
  12. Mot, expression, phrase servant à désigner un écrit, une de ses parties, une œuvre littéraire
  • Ce sont donc les éléments qui constituent un roman
  1. Consigne d’écriture principale (10 minutes)

Nous allons voir comment Erwan Larher réfléchit à écrire sur l’expérience qu’il a vécu.

Lecture des passages du livre :

Non. Tu vas écrire autour.
Ecrire parce que tu n’as pas le choix, portée par une force qui te dépasse ; autour parce que tu es romancier et non chroniqueur, parce que tu ne peux façonner un texte qu’en appétant faire littérature. Ni témoignage ni récit, donc. Inventer autre chose. Forme. Langage. Creuser. Avoir l’audace de t’autoriser à mentir, même par omission. S’il s’agit de mettre de l’ordre dans tes souvenirs, très peu pour toi. Tu aimes imaginer. D’ailleurs, chaque fois que tu veux rendre par écrit un évènement, une bouchée de réel, que tu cherches l’exactitude, tu te perds, t’affoles, tu voudrais tout dire, ne rien oublier, panoramique et exhaustif. Comme si tu devais cette minutie au vécu, hommage de l’auteur présent au monde. Tu ne sais pas relater. Relater t’ennuie. Relater t’enferme. Dans l’advenu, le datable, les intervalles, la véracité. Dans des faits. Qui sont faits – fabriqués. Par la langue ; depuis une position, mentale ou géographique. Qui sont par nature rebelles. Il n’existe pas d’objectivité du réel, encore moins de celui qui se pique de le retranscrire, au diable le miroir de Stendhal ! Le réel n’est qu’une vue de l’esprit. Les mots ne le trahissent ni ne le déforment, ils en construisent un autre, une dimension parallèle. Parfois, écueil ou stratégie, ils embrigadent la réalité. Se font passer pour elle. Réalisme et véracité de sont que cousins éloignés.
(p.38)

  • L’auteur est poussé par ses proches à écrire sur ce qu’il a vécu mais s’interroge sur la forme que va prendre son texte.

« Déroulement chronologique ? » Si tu le suis, tu vas tomber dans le marigot du récit. Te débrouiller autrement, donc. (p. 42)

Fin juillet, entravé, tu suffoques de mots inertes sans colonne vertébrale, des phrases déboussolées, qui s’agglutinent littéralement sans queue ni tête. Les personnages sont là, certes, les péripéties aussi, mais l’intrigue ? La progression narrative ? Peut-on écrire un livre sans ? Que va devenir notre héros ? On sait déjà qu’il s’en sort. Est-il possible de faire tenir debout une histoire qui n’irait pas d’un point A à un point B ? Parce que si celle-là a un début, elle n’a pas de fin. Alors que tout livre a une dernière page, non ? (p. 43)

  • Avant de se lancer dans l’écriture, il réfléchit à son plan : qui ? quoi ? comment va évoluer l’intrigue ?
  • Pour aller plus loin : qui est le narrateur ? quel est son point de vue ? de nous dit-il ?

Bientôt il n’y aura plus de survivants. Alors pas de quoi en faire un roman de ta présence au Bataclan, certes, mais écrire pour qu’une geste subsiste. Une petite geste – et encore l’appellation est-elle usurpée pour définir ton pseudo objet littéraire si autocentré -, pas parce que « le public a le droit de savoir » mais parce que l’Histoire ne doit pas oublier. La littérature n’arrête pas les balles. Henri Barbusse, Louis-Ferdinand Céline, Erich Maria Remarque, Louis Guilloux ou Ernest Hemingway n’ont pas empêché, en romançant 14-18, la Seconde Guerre mondiale. (…) La littérature n’arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari. (p. 236)

  • D’interroger sur le message qu’on veut faire passer en racontant cette histoire.
  • Qu’est ce qu’on veut que le lecteur en retienne

Je vais maintenant vous demander d’écrire un texte qui raconte un fait divers, un fait historique ou un évènement que vous avez vécu, de manière romancée.  Vous devrez vous poser les mêmes questions qu’Erwan Larher :

  • L’intrigue et son évolution
  • Le ou les personnages, dans quel espace, quand
  • Qui est le narrateur et que dit-il, quelle est sa position
  • Que veut-on transmettre aux lecteurs
  • Quelle place pour le fictif (on ne rédige pas un récit ou un article de presse).

On va décomposer la séance d’écriture par étapes.

  1. Le temps de l’écriture (45 minutes)
  • 1ère étape : réfléchir à l’histoire qu’on veut raconter (5 min)
  • 2ème étape : quelle intrigue ? comment elle va être construite ? (5 min)
  • 3ème étape : les personnages, l’espace et le temps ? (5 min)
  • 4ème étape : le narrateur et ce qu’il va transmettre ? (5 min)
  • 5ème étape : les éléments fictifs (5 min)
  • 6ème étape : rédaction du texte (20 min)

Ma posture pendant ce temps d’écriture :

  • Laisser les participants entrer en écriture
  • En cas de blocage :
    • Les questionner sur leur blocage et leur faire formuler ce qui les bloque pour qu’ils essaient de trouver la solution seul.
    • Les inciter à écrire comme ça vient, avec des phrases courtes et des mots simples.
    • Faire des suggestions si le problème persiste.
  • Passer lire ce qu’ils ont déjà écrit. Faire des suggestions de corrections, développements, précisions. Veiller à l’harmonie et à la progression du texte pour que l’ensemble soit cohérent.

 

  1. Lecture des textes et retours (30 minutes)
  • Lecture des textes à tour de rôle
  • Demander aux autres participants de faire leur retour avant de faire les miens en rappelant les règles de bienveillance
  • Les retours attendus sur ce type de consigne :
    • Présence des caractéristiques demandées : personnages, intrigue, …
    • Cohérence du texte et progression claire de l’intrigue
    • Compréhension du message communiqué à partir de l’histoire relatée.
  1. Conclusion de l’atelier (5 minutes)

Rapide tour de table pour connaître le ressenti des participants sur cet atelier.
Les remercier de leur attention et des productions.
Inviter au prochain atelier : date et sujet abordé.

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