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1° Travaux d’assimilation du cours Vous établirez votre propre grille d’évaluation de vos interventions en choisissant les critères qui vous semblent essentiels à la réussite de votre atelier d’écriture, en précisant le type d’atelier d’écriture et le public que vous visez. Vous limiterez cette grille à 15 items.

Type d’atelier d’écriture choisi : un atelier sur la littérature et l’objet livre.

Public visé : adultes, débutants en atelier d’écriture

Grille d’évaluation des ateliers d’écriture

+

+/-

1

Intérêt pour le sujet de l’atelier : nb de personnes présentes

     

2

Préparation de l’atelier : recherche des textes et consignes, mise en place du matériel et des conditions d’accueil, temps imparti, …

     

3

Capacité à lancer l’atelier d’écriture : installation et écoute du groupe

     

4

Impact des textes lus : interactions, commentaires, questions, …

     

5

Compréhension de la consigne d’écriture : questions, demande de reformulation, …

     

6

Envie, intérêt, stimulation : capacité à se lancer dans l’écriture suite à l’énoncé de la consigne

     

7

Difficultés rencontrées par les écrivants

     

8

Autonomie des écrivants

     

9

Réalisation de la consigne : texte achevé, texte lu, consigne respectée …

     

10

Envie de lecture des écrivants : des textes lus, des sujets abordés, des auteurs évoqués, …

     

11

Développement de connaissances littéraires, évolution de la pratique des écrivants : style littéraire, usage de figure de style, émotions créées, expressivité, lisibilité, cohérence, maîtrise de la langue, stratégie et intensité narrative

     

12

Bienveillance des retours formulés sur les textes produits et leur acceptation par les écrivants

     

13

Gestion du temps de l’atelier d’écriture

     

14

Progression de l’atelier par rapport aux précédents

     

15

Satisfaction des écrivants à l’issue de l’atelier

     

2° Les techniques d’analyse d’un texte d’auteur et le repérage des différents procédés d’écriture permettent à l’animateur d’atelier d’écriture de se familiariser à l’art d’écrire. Ces connaissances sont indispensables afin de concevoir des consignes d’écriture et de faire des retours sur les textes de ses participants. Vous évaluerez donc les procédés utilisés, le travail de la langue et ce qui fait le génie d’un chef-d’œuvre. Vous analyserez les premiers paragraphes de Don Quichotte de Cervantès (texte en annexe).

Don Quichotte est un chef-d’œuvre qui a traversé les époques, les écoles et la littérature. Il est mondialement connu, étudié, critiqué voire parodié. Son personnage principal est certainement l’un des plus connu de la littérature, héros malgré lui, qui a inspiré nombre de romans, de ballets, de peintures ou encore de proverbes.

Dès les premières lignes de ce roman médiéval, on comprend la puissance du texte,  l’effet dramatique du personnage principal et la qualité du style de l’auteur. Ce dernier nous installe dans une histoire réelle, un récit, dès l’incipit. En sous-entendant que le lieu de l’action existe, qu’il le connaît, il prépare le lecteur au récit d’un chevalier atypique dont les contours drôles et décalés se dessinent déjà. La description du personnage est à la fois très précis grâce à l’énumération utilisée pour les caractéristiques de son apparence, de ses habitudes et de son équipement. Mais en utilisant un vocabulaire à la fois très précis et très technique, l’auteur peut se permettre de faire une description partielle de son héros et, ainsi, laisser l’imaginaire du lecteur faire le reste.

Le ton est très vite donné. L’humour, voire l’absurde, sera de la partie pour nous raconter l’histoire de ce chevalier. Comme souvent à cette époque, certainement une façon de dénoncer les errements de la société et également ici ceux de la littérature de chevalerie. Nombre d’auteurs ont utilisés ces mécanismes pour critiquer de manière indirecte le pouvoir en place, la société et les hommes qui la constituent et éviter ainsi les châtiments les plus cruels. Molière, Shakespeare, La Fontaine, comptent parmi les plus célèbres. Mais sous des traits d’humour, des réalités bien moins drôles sont souvent décrites.

Pour illustrer ou renforcer ses propos, l’auteur n’hésite pas à utiliser des jeux de mots et à les faire prononcer par des auteurs créés de toute pièce pour renforcer sa crédibilité face au lecteur. Il nomme également un grand philosophe, Aristote, dont la réputation et la diffusion de ses idées lui permettent par ce simple signalement de souligner l’absurdité de la réflexion du chevalier.

L’auteur utilise à la fois un vocabulaire précis et technique mais également très littéraire (« amphigouris » et « afféterie ») qui renforce l’image du lecteur sur les qualités d’écrivain de Cervantès et donc sa crédibilité.

La mise en place de l’intrigue et du personnage principal est à la fois progressive et cohérente. Elle donne envie au lecteur d’en apprendre plus sur ce personnage étonnant et de découvrir ses aventures. En quelques lignes, l’auteur a réussi à susciter l’intérêt du lecteur et à lui donner envie de poursuivre sa lecture. Ces premières pages mêlant réalité et fiction, bon sens et imaginaire débridé, on se demande déjà s’il faudra prendre au pied de la lettre les événements qui vont suivre. C’est certainement au lecteur d’en décider et de vivre l’histoire comme il aimerait qu’elle soit ou selon ses propres connaissances et croyances.

En quelques lignes, Cervantès nous offre déjà beaucoup de matière.

3° Vous rédigerez un dialogue réel ou fictif avec un de vos participants sur l’effet que l’une de vos consignes d’écriture a eu sur lui.

Lui : J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cet atelier.

Moi : Merci. Qu’est-ce qui t’a le plus plu ?

Lui : J’ai trouvé que c’était très ludique et très intéressant.

Moi : Tu n’as pas trouvé les consignes trop difficiles à réaliser ?

Lui : Non, et je pense que c’est la progression entre les différentes consignes qui ont rendu les choses plus faciles. C’était cohérent et clair.

Moi : Parfait. Comment te sens-tu à l’issue de cet atelier ?

Lui : Je suis rassuré et détendu. Rassuré car je ne savais pas trop ce qu’on allait faire et j’avais peur de ne pas réussir à écrire. Quand je suis arrivé, j’étais tendu à cause de ma journée de travail, je me sens maintenant beaucoup plus serein.

Moi : Comment expliques-tu que tu te sentes plus détendu ?

Lui : Le fait de réfléchir et de devoir écrire m’a empêché de penser à mes soucis. Je me suis vidée la tête en même temps que j’ai rempli les feuilles.

Moi : Tu disais avoir peur en arrivant, qu’est ce qui t’a rassuré ?

Lui : Comme je disais, déjà la progression des consignes. On a commencé par des choses faciles puis les consignes se sont doucement compliquées. Mais c’était très pédagogique, tu nous a bien expliqué ce que tu attendais de nous et tu es restée très disponible, c’était rassurant. Et tes conseils sur mon texte étaient bienveillants et pertinents.

Moi : Est-ce que tu viendras au prochain atelier ?

Lui : Oui et je suis d’ailleurs très impatient.

4° Facultatif : pour ceux qui animent un atelier d’écriture et qui souhaitent mettre en œuvre un carnet de bord, il vous est proposé d’en publier les rubriques et si possible, un ou des extraits sur le forum pour ceux qui animent déjà.

5° Expression libre : vous pouvez commenter ce cours, apporter votre éclairage, poser des questions…

Je suis tout à fait d’accord avec le fait qu’il faille évaluer son atelier d’écriture. Pour d’abord s’améliorer, pour vérifier qu’il répondait bien aux objectifs qu’on s’était fixé, qu’il reste bien dans la progression qu’on avait défini, … J’ai donc trouvé très intéressant d’établir notre grille d’auto-évaluation. Je pense qu’elle nous permettra autant à nous évaluer qu’à préparer nos différents ateliers.

J’ai pris beaucoup de plaisir à faire l’exercice d’analyse du texte de Cervantès.

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